Vous partez travailler à l'étranger : que devez-vous faire pour votre retraite?
D'abord, ça dépend du pays où vous allez travailler.
Ça dépend aussi si vous partez vous établir à l'étranger pour de bon ou si votre employeur vous envoie travailler dans un autre pays de façon temporaire.
Vous travaillez à l'étranger de façon temporaire
Prenons le cas où vous allez travailler à l'étranger de façon temporaire, que ce soit pour un employeur d'ici ou à votre compte.
Pays ayant une entente avec le Québec
Si votre pays d'accueil fait partie des pays qui ont une entente de sécurité sociale avec le Québec, votre employeur peut demander un certificat d'assujettissement pour vous au Bureau des ententes de sécurité sociale de Retraite Québec. Si vous travaillez à votre compte, vous pouvez en demander un vous-même. Grâce à ce certificat, vous continuerez de cotiser au Régime de rentes du Québec (RRQ). Vos cotisations pourraient alors faire augmenter la rente de retraite que vous aurez plus tard. En plus, vous ferez des économies importantes parce que vous n'aurez pas à payer des cotisations dans votre pays d'accueil.
Ce certificat d'assujettissement est valide pendant un certain temps seulement. Vous pouvez nous demander de prolonger cette durée, mais nous devrons obtenir l'accord de votre pays d'accueil. Ces services sont gratuits.
Selon certaines ententes, les soins de santé et l'hospitalisation pourraient être couverts. En cas d'accident de travail ou de maladie professionnelle, c'est la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui couvrirait ces frais.
Le Bureau des ententes de sécurité sociale de Retraite Québec peut aussi vous accompagner dans vos démarches pour obtenir une prestation si vous avez cotisé dans un pays qui a une entente avec le Québec pendant votre carrière.
Prenons deux exemples pour bien comprendre les possibilités qu'offrent les ententes de sécurité sociale :
Exemple de Virginie
L'employeur de Virginie envoie celle-ci travailler au Danemark pendant un an. Comme elle est couverte par un certificat d'assujettissement, elle n'a pas à cotiser au régime de pension du Danemark. Les revenus qu'elle gagne dans ce pays sont aussi inscrits au RRQ parce qu'elle et son employeur continuent de cotiser à celui-ci. En plus, grâce à son certificat, ses soins de santé au Danemark sont couverts. Une fois qu'elle sera à la retraite, sa rente du RRQ sera calculée selon les revenus gagnés durant sa carrière, y compris ceux qu'elle aura reçus de son employeur pendant son séjour de travail au Danemark.
Exemple de Nicolas
Nicolas a travaillé chaque hiver pendant 10 ans dans l'industrie forestière aux États-Unis. Durant ces hivers, il n'a pas cotisé au RRQ. Il a plutôt cotisé au système de sécurité sociale américain. En faisant les démarches nécessaires auprès du Bureau des ententes de sécurité sociale de Retraite Québec, il recevra une rente du gouvernement des États-Unis à la retraite. Il recevra aussi une rente de retraite du RRQ, qui sera calculée selon les revenus qu'il aura gagnés au Québec.
Pour connaître les démarches à faire selon votre situation, vous pouvez consulter la section Travail à l'étranger.
Pays n'ayant pas d'entente avec le Québec
Si votre employeur vous envoie travailler dans un pays qui n'a pas d'entente avec le Québec, qu'arrive-t-il? Nous pourrions conclure un arrangement avec votre employeur pour que vous cotisiez quand même au RRQ. Dans ce cas, vous pourriez devoir cotiser aussi au régime de votre pays d'accueil. À votre retour au Québec, vérifiez si vous pouvez récupérer vos cotisations payées à l'étranger pour les placer dans un REER.
Vous vous établissez à l'étranger
Si vous allez vous établir à l'étranger pour de bon, sachez qu'une fois à la retraite, vous pourrez recevoir une rente du RRQ. Son montant sera basé sur les cotisations que vous aurez versées durant votre travail au Québec.
Qu'arrive-t-il à votre épargne?
Même si vous ne vivez plus au Canada, vous ne perdez pas les droits de cotisation à un REER ou à un CELI que vous avez accumulés. Par contre, vous accumulez des droits seulement si vous avez le statut de résident canadien selon l'impôt.
Vous pouvez conserver votre CELI au Canada, même si vous ne résidez plus ici. Cependant, si vous n'avez plus le statut de résident canadien, vous ne pouvez plus y cotiser.
Pour le CELIAPP, c'est différent. Si vous en avez déjà ouvert un avant votre départ, vous pourrez y cotiser, même si vous quittez le pays. Vous devrez le faire à partir d'un compte ouvert au Canada. Mais, pour utiliser l'argent de votre CELIAPP pour acheter une maison ou un condo au Canada, il faut être résidente ou résident canadien.
Qu'en est-il du REER? Vous pouvez y cotiser pendant que vous êtes à l'étranger à partir d'un compte ouvert au Canada, tant que vous avez des droits de cotisation qui n'ont pas été utilisés. Ces cotisations pourront faire diminuer le revenu sur lequel vous payez de l'impôt seulement quand vous serez de retour au Canada.
Bref, c'est important de vous faire accompagner par votre comptable ou votre spécialiste de l'impôt, qui connaît bien nos lois et celles du pays où vous allez travailler. Ce sera du temps bien investi pour éviter des erreurs coûteuses.